Cet été marquera le cinquantième anniversaire de la première Conférence de l'OMOSC et de la formation de son premier conseil exécutif. Cet événement d'une journée s'est tenu à l'hôtel Triumph de Toronto, le 15 août 1976. Je ne trouve pas beaucoup d'information en ligne au sujet de cet hôtel, qui n'existe plus aujourd'hui, si ce n'est qu'il disposait d'une discothèque appelée « Canary Cottage » (il y a sûrement une histoire intéressante derrière ce nom).
L'OMOSC a été la troisième association de musiciens à voir le jour au sein de l'AFM. La première a été l’International Conference of Symphony and Opera Musicians (ICSOM), en 1962. Elle a été suivie par la Recording Musicians Association, en 1969. À cette époque, l'Orchestre symphonique de Toronto était membre de l'ICSOM, d'où le nom « international ». Or, les fondateurs de l'OMOSC, Ruth Budd et Sam Levine, estimaient tous deux qu'un regroupement canadien s’imposait pour représenter notre propre milieu orchestral. Les débuts de l'OMOSC ont pris la forme de symposiums d'une journée organisés dans le cadre de la Conférence canadienne de l'AFM, la réunion annuelle des responsables de toutes les sections locales canadiennes de l'AFM (que nous appelons parfois aujourd'hui la Fédération canadienne des musiciens [FCM]). Bien que ces symposiums aient été couronnés de succès, nos dirigeants ont estimé qu'une réunion organisée par les musiciens eux-mêmes, à une période où la plupart des orchestres étaient en pause estivale, serait la solution idéale.
Beaucoup d'entre vous qui lisez ces lignes n'étiez pas nés en 1976. J'avais dix ans à l'époque, et c'est à ce moment-là que j'ai eu mon premier contact avec l'orchestre professionnel le plus près de chez moi, le Winnipeg Symphony Orchestra. En 1976, les communications se faisaient soit par la poste, soit par téléphone (les conférences téléphoniques existaient, mais elles étaient extrêmement rares et coûteuses, tout comme les appels interurbains). Il est difficile d'imaginer ce monde aujourd'hui, même si l'utilisation généralisée d'Internet ne remonte qu'à 30 ans ou moins.
Et pourtant, comme le veut l’expression, plus ça change, plus c’est pareil. Les questions suivantes auxquelles sont confrontés les musiciens d'orchestre ont fait l'objet de discussions dès la toute première conférence de l'OMOSC et ont été abordées dans les tout premiers numéros de son bulletin d'information, publié pour la première fois en décembre 1976.
- Participation des musiciens à la prise de décisions au sein des orchestres, en particulier dans les comités consultatifs artistiques et les comités de recherche de chefs d'orchestre;
- Évaluations des chefs d'orchestre;
- Normalisation des procédures d'audition;
- Problèmes liés au transport des instruments de musique en cabine dans les avions;
- Statut fiscal des musiciens d'orchestre (travailleurs autonomes entrepreneurs dépendants ou employés);
- Perception de ce qui s'appelait alors « l'assurance-chômage » (aujourd'hui l'assurance-emploi);
- Le rôle des comités d'orchestre en tant que représentants du syndicat;
- Les retards dans la réception de l'International Musician au Canada (celui-ci m'a fait sourire, car l'exemplaire papier de ma femme arrive généralement avec un retard de 45 à 60 jours, bien plus long même qu'au cours des années 1990, époque où je suis devenu membre de l’AFM).
- Bien entendu, les salaires et les conditions de travail. Dans l’édition de décembre 1976 du bulletin de l’OMOSC, le délégué du Vancouver Symphony Orchestra (VSO) faisait état de leur plus récente entente triennale. Le revenu annuel d'un musicien du VSO pour la saison 1975-1976 était de 7 885,44 $ (saison de 36 semaines). En se basant sur l'IPC, cela représenterait 40 786 $ en 2025. Leur entente leur permettrait d'atteindre 13 115 $ à la fin des trois ans, soit 52 019 $ en dollars de 2025 (une augmentation de 27,5 %) !
Voilà donc quelques-unes des questions qui sont à nos ordres du jour depuis les tout débuts. J'aimerais croire que la situation s'est considérablement améliorée dans tous ces domaines (à l'exception de Postes Canada), mais étant donné que nous discutons encore aujourd'hui de bon nombre de ces enjeux, force m’est de constater qu’il reste encore du travail à accomplir. C'est un peu comme le perfectionnement technique sur un instrument de musique : le travail de toute une vie.
Dans les prochains numéros d'Una Voce, j'aimerais vous présenter un peu plus de contexte de l’OMOSC et souligner l'importance de ne pas perdre son histoire de vue, mais aussi de connaître celle de vos propres orchestres.
J'espère que vos saisons se déroulent bien et j'attends vos rapports de mi-saison avec impatience.
par Bob Fraser
Victoria Symphony Orchestra
Président de l'OMOSC




