The Organization of Canadian Symphony Musicians
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Par Matt Heller, rédacteur en chef d’Una Voce

 

Dans ce numéro, Michelle Zapf-Belanger explique un rôle qui, dans la plupart de nos orchestres, est soit méconnu, soit encore en train de prendre forme : celui de « défenseur des musiciens sur la voie de la permanence ». Mon premier réflexe a été de raccourcir ce titre en « copain de titularisation ». Mais en lisant l’article de Michelle, j’ai vite compris qu’il s’agissait de bien plus que simplement fournir un copain aux nouvelles recrues. Ce pourrait être l’un des rôles les plus importants qu’on n’ait jamais à jouer pour nos orchestres et nos collègues. 

 

Par ailleurs, le président, Bob Fraser, se penche en détail sur l’histoire de l’OMOSC et sur ce qui nous anime. En bref ? On vise à échanger des infos pour améliorer nos milieux de travail. Aussi, dans notre rubrique « Posez la question à un délégué », on voit les délégués de l’OMOSC en action autour d’une question relative à qui a le droit de siéger aux comités d’audition. Quant à moi, je vous donne un avant-goût de la conférence de l’OMOSC de cet été à Winnipeg. Et on vous présente quelques temps forts de la saison 2025-2026 : nouvelles recrues, jalons, départs à la retraite

 

Les articles de Michelle et Bob m’ont tous les deux fait réfléchir à la raison d’être de cette infolettre. Échanger des infos ? C’est vrai. Mais je pense que partager des idées et des opinions peut être tout aussi précieux, surtout sur les questions les plus controversées et les plus importantes. Les auditions et la titularisation en font clairement partie. L’immigration aussi. 

 

Quand j’ai emménagé au Canada en 2007, on entendait souvent l’expression « immigrant reçu » pour désigner ce qu’on appelle aujourd’hui un résident permanent. Obtenir ce statut était l’objectif des objectifs, au moins autant que la titularisation, car cela signifiait qu’on pouvait vraiment s’installer dans notre nouveau pays. Tant qu’on n’avait pas obtenu ce statut, tout semblait un peu plus compliqué et précaire : signer un bail, obtenir une carte de crédit ou faire des projets au-delà du mois de juin. 

 

Devenir résident permanent n’était pas facile. On devait faire un ensemble de démarches byzantines avec de nombreuses étapes, des tests et des vérifications, puis il fallait faire certifier le tout par un notaire. À certains moments, j’avais l’impression que le processus n’en finirait plus. Pourtant, je n’ai jamais vraiment douté de son résultat. J’ai obtenu le statut de résident permanent en 2010, moins de trois ans après mon arrivée ici. Je suis devenu citoyen en 2014.

 

La plupart des musiciens immigrés d’aujourd’hui n’ont pas cette chance. Il y a environ un an, Immigration Canada a modifié le système de points, supprimant l’avantage accordé aux musiciens ayant des offres d’emploi confirmées. Les points sont attribués en fonction de l’âge, des compétences linguistiques et d’autres critères démographiques — mais pas pour le fait d’être un musicien d’orchestre au talent exceptionnel. Ceux qui n’atteignent pas le nombre de points requis n’ont guère d’autre choix que de rester en tant que « travailleurs étrangers temporaires », soumis aux restrictions de leur permis de travail. 

 

On peut débattre des niveaux d’immigration appropriés pour le Canada dans son ensemble. Il y a de quoi être furieux devant la façon dont le gouvernement américain traite les musiciens canadiens qui tentent de gagner leur vie en faisant des tournées. Mais dans notre domaine, je pense qu’on s’accorde largement à dire que les musiciens nés à l’étranger ont été un atout pour les orchestres canadiens. J’aime à penser que j’ai apporté ma pierre à l’édifice du Canada, et je sais que mes collègues nés à l’étranger l’ont fait aussi. En revanche, ma contribution ne sera jamais à la hauteur de ce que le Canada m’a donné : une carrière, un foyer, une famille, une vie. J’en suis éternellement reconnaissant. Nos collègues expatriés récemment embauchés ne sont pas différents de ce que j’étais. Ils veulent les mêmes choses que moi, et ça me brise le cœur de voir notre pays leur refuser ça.

 

Allistair Elliott, notre vice-président pour le Canada, défend actuellement cette cause auprès des députés et des responsables de l’immigration. De nombreuses directions d’orchestre militent également pour un retour à une politique plus accueillante. J’espère que de nombreux musiciens et sections locales se joindront à nous pour soutenir cette cause.